
Les Canadiens-Français à l’assaut du temps
Avec l’identité québécoise, on s’est mis à croire qu’on ne pouvait avoir de légitimité comme peuple, à moins de fédérer toutes les autres ethnies du Québec autour des Canadiens-Français historiques.

Ce jour en 1659 - Les premiers ministres de Louis XIV de France et Philippe IV d'Espagne signent le traité des Pyrénées, formalisant une paix à l'issue de la guerre ayant opposé ces cousins doublement germains, leur père respectif ayant épousé la soeur de l'autre. Pour consolider leur alliance, Louis XIV épouse Marie-Thérèse, la fille aînée de Philippe, moyennant une dot de 50,000 écus d'or. Les deux ministres se sont rencontrés en terrain neutre, l'île des Faisans au milieu du fleuve côtier Bidassoa marquant la frontière entre les deux royaumes dans les Pyrénées-Atlantiques.

Ce jour en 1837 - Les Frères des Écoles chrétiennes arrivent à Montréal au Bas-Canada. Ils publieront au printemps suivant leur premier manuel scolaire , le Nouveau traité d’arithmétique, contenant toutes les opérations ordinaires du calcul, les fractions et les différentes réductions de fractions, les règles de trois… enrichi de 400 problèmes à résoudre pour servir d’exercice aux élèves. Leurs manuels scolaires deviendront par la suite largement utilisés dans les institutions d'enseignement.

Ce jour en 1838 - Rébellion des Patriotes – En préparation d'un soulèvement prévu pour l'hiver, le Dr. Cyrille Côté et quelques centaines de membres de l'organisation secrète des Frères Chasseurs, qui ramènent des armes et des canons des États-Unis à la rencontre des 3,000 hommes d'Hindenlang et Nelson, sont interceptés à Lacolle par la troupe loyalistes commandée par le major John Scriver. Après une demi-heure de combat, les Patriotes sont dispersés, laissant huit morts. De nombreux camps avaient été établis dans toute la région d'où reprendre l'insurrection, vaincre les loyalistes et instaurer la république durant l'hiver. Sans les armes attendues, l'entreprise échouera.

Ce jour en 1873 - Le gouvernement Macdonald tombé suite au scandale du Pacifique, le gouverneur-général, Lord Dufferin, doit faire appel à quelqu'un pour former un gouvernement. Il n'y a alors aucun chef clair du Parti libéral. Alexander Mackenzie est le quatrième appelé et le premier à accepter le poste de premier ministre. Il va former un gouvernement et demander ensuite au gouverneur-général de déclencher des élections pour janvier 1874. Les libéraux seront alors élus et Mackenzie sera premier ministre jusqu'aux élections de 1878, introduisant le scrutin secret, créant la Cour suprême du Canada et établissant le Collège militaire royal du Canada à Kingston en Ontario.

Ce jour en 1877 - Décès à l'âge de 53 ans de Joseph-Octave Beaubien, cousin de Louis Beaubien. Né à Nicolet, après ses études au Séminaire de Nicolet, il avait passé un an à Rochester NY pour y apprendre l'anglais, puis avait étudié la médecine à Québec sous Jean-Étienne Landry, ouvrant sa pratique dans la région de Montmagny en 1847. Il y fut élu député conservateur au parlement du Canada-Uni en 1857, puis en 1867 aux Communes à Ottawa, année où il fut nommé au Conseil législatif du Québec, ainsi que commissaire des Terres de la Couronne jusqu'en 1873. Il fut aussi lieutenant-colonel dans la milice. Sa fille, Caroline-Alix, épousa Jules-Joseph-Taschereau Frémont, maire de Québec de 1890 à 1894.

Ce jour en 1885 - Complétion du chemin de fer du Canadien Pacifique, le plus long réseau ferroviaire au monde, traversant le Canada d'un océan à l'autre. Donald A. Smith, Lord Strathcona, enfonce le dernier crampon à Craigellachie, dans le col d'Eagle en Colombie-Britannique, de la voie ferrée franchisant les Montagnes Rocheuses, d'immenses forêts et de vastes marécages sur la majeure partie de ses 4,611 kilomètres. La condition de l'entrée de la Colombie-Britannique dans la Confédération canadienne est enfin rencontrée. La voie à l’est avait déjà servi à transporter vers Thunder Bay les troupes qui devaient écraser la rébellion du Nord-Ouest.

Ce jour en 1895 - Première réunion de l'École littéraire de Montréal, Germain Beaulieu son premier président. Les réunions ont lieu au Château Ramezay et l'École comptera un maximum de trente membres, choisis sur soumission de poèmes. Entre septembre 1896 et juin 1898, l'École se réunira 33 fois et tiendra des séances publiques fort populaires, Émile Nelligan triomphalement applaudi pour sa Romance du vin lors de celle du 26 mai 1899. Un recueil de l'ensemble des présentations faites entre 1896 et 1900, Soirées du Château de Ramezay, sera publié, puis l'École tombera en sommeil de 1900 à 1904 et ne reprendra jamais le même niveau d'activité. Onze numéros de la revue littéraire Terroir seront publiés à compter de janvier 1909 et la dernière rencontre aura lieu en 1935.

Ce jour en 1900 - Wilfrid Laurier réélu premier ministre. Les Libéraux fédéraux ont remporté 133 sièges contre 80 pour les Conservateurs de Charles Tupper. Déjà élu une première fois en juillet 1896, Laurier sera réélu en 1904 et 1908, demeurant au pouvoir jusqu'au 9 octobre 1911, le conservateur Borden prenant le pouvoir. Cette période en est une de prospérité et de développement national important.

Ce jour en 1904 - La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste fonde l'École ménagère provinciale de Montréal, qui engage deux enseignantes, dont Jeanne Anctil, qui formeront à l'enseignement de l'art ménager entre 1906 et 1926 une centaine de jeunes filles. Celles-ci enseigneront à leur tour à des milliers de jeunes femmes dans toute la province.

Ce jour en 1917 - Lendemain de victoire à Passchendaele. Les troupes canadiennes consolident leur nouvelle ligne de tranchée après avoir pris Passchendaele la veille et avoir atteint tous leurs autres objectifs. Bien que les Canadiens aient réussi là où les autres armées alliées avaient échoué, le bilan des pertes est énorme : 15,654 tués et blessés du côté des forces du Dominion épuisées par le combat. Arthur-Joseph Lapointe, futur député libéral de Matapédia-Matane aux Communes, y a combattu. Il est le père de l'auteur-compositeur-interprète Jean Lapointe et le cousin d'Hugues Lapointe, député de Lotbinière de 1940 à 1957.

Ce jour en 1935 - Duplessis et Gouin révèlent publiquement leur entente sur les ondes de la station de radio CKAC, annonçant qu'advenant une victoire le premier deviendrait premier ministre alors que le second choisirait la majorité du cabinet. L'Action libérale nationale de Paul Gouin et le Parti conservateur se sont entendus pour ne pas présenter de candidatures rivales dans les 90 comtés de la province lors de l'élection générale prévue pour le 25 novembre. Duplessis voudra forcer la main de Gouin en créant l'Union nationale et ce dernier quittera la politique.

Ce jour en 1941 - À la veille d'un congrès du Crédit social, l'archevêque de Québec, le cardinal Rodrigue Villeneuve, publie une lettre dégageant l'autorité de l'Église de toute responsabilité dans ce mouvement. Cette lettre interdit aux fidèles d'allier les pratiques extérieures de la religion aux manifestations politiques du Crédit social, de façon à ne pas laisser croire que l'Église endosse ce mouvement politique. Une commission de théologiens présidée par le père Joseph-Papin Archambault avait déposé en novembre 1939 son rapport sur le Crédit social.

Ce jour en 1950 - En Corée, un premier contingent canadien se joint aux forces américaines opposées aux troupes communistes. Le conflit avait éclaté le 25 juin lorsque les forces militaires de la Corée du Nord avaient traversé le 38e parallèle pour envahir la Corée du Sud. Seize états membres des Nations Unies ont envoyé des troupes sous le commandement des États-Unis pour défendre la Corée du Sud. Plus de 26,000 Canadiens iront au combat lors du conflit et 516 y périront. Après la signature du cessez-le-feu en juillet 1953, environ 7,000 d'entre eux resteront sur place jusqu'en août 1957.

Ce jour en 1988 - Décès à l'âge de 84 ans de l'organiste Conrad Bernier, qui a fait pratiquement toute sa carrière dans la capitale américaine Washington. Enfant prodige, Fils de Joseph-Arthur Bernier, organiste de l'église Saint-Jean Baptiste à Québec, il avait inauguré à l'âge de 13 ans l'orgue de l'église de Bienville, sur la rive-sud de Québec. Lauréat en 1923 à l'âge de 19 ans du Prix d'Europe, cette bourse lui permit d'aller se perfectionner à Paris auprès de Joseph Bonnet. De retour en 1926, il alla exercer à Détroit, puis à Washington, où il enseigna à l'Université catholique.

Ce jour en 1990 - Décès de l'écrivain, professeur et journaliste Hugh MacLennan, récipiendaire de cinq Prix du gouverneur général en littérature. Né en 1907 à Glace Bay en Nouvelle-Écosse et professeur d'anglais à temps partiel à l'Université McGill de Montréal, son roman Two Solitudes, allégorie des rapports entre le Canada anglais et le Canada français, l'a rendu célèbre et fut porté à l'écran, en plus d'avoir été traduit en quatorze langues. Le titre, aujourd'hui formule plaquée sur des divergences politiques irrémédiables, évoquait néanmoins pour l'auteur deux groupes uniques qui pouvaient en venir à se respecter et à se protéger l'un l'autre.

Ce jour en 1994 - Jean Doré est défait à la mairie de Montréal par Pierre Bourque, ayant succédé en novembre 1986 à Jean Drapeau parti à la retraite. Il a au cours de son premier mandat mis en place les mesures de décentralisation promises, un processus de consultations publique et les guichets Accès Montréal pour rapprocher l'administration municipale des citoyens. C'est sous son administration que le vélodrome du Parc olympique a été transformé en biodôme, qu'a été construit le centre d'interprétation historique à la Pointe-à-Callières dans le vieux Montréal et qu'a été aménagée une plage sur l'Île Ste-Hélène.

Avec l’identité québécoise, on s’est mis à croire qu’on ne pouvait avoir de légitimité comme peuple, à moins de fédérer toutes les autres ethnies du Québec autour des Canadiens-Français historiques.

Pourquoi, amis souverainistes, ne prenez-vous pas le temps de lire ou de relire la Charte des Nations Unies et ses déclarations sur le droit des peuples minoritaires ? Les Abénakis, les Malécites, toute différence prise en compte, et ce n’est pas mon intention de la nier, ont bien obtenu des droits robustes malgré leur petit nombre. Répondez-moi, les Canadiens-Français ne sont-ils pas admissibles à des droits parallèles ?
En fait, on a retranché du champ de l’analyse politique le passage ontologique qui a frappé les Canadiens-Français. La partie la plus visible et commune à tous les Canadiens-Français à partir de 1969, Québec compris, se mesure par le repli global.

Il faut trouver les moyens de cultiver la résilience collective des Canadiens-Français EN TANT QUE Canadiens-Français. Notre histoire bien comprise nous les donne, de nombreux exemples de gens qui ont combattu « pour la suite du monde » avec les armes à leur disposition à leur époque.

Dès les années 1970 l’économiste américain Lyndon H. LaRouche formulait la base scientifique d’une théorie économique dénonçant le capitalisme financier sauvage axé sur la maximisation de la rente au détriment des acteurs de la production de biens définissant l’économie réelle. Sa proposition de Banque de Développement Internationale aurait bien pu inspirer les BRICs.

Les référendums de 1980 et de 1995 sont fondés sur le même paradigme, la question, l’atmosphère, les résultats et les blocages qui en découlent sont en gros les mêmes, même si une analyse des résultats montre certaines différences. Si on met entre parenthèses les peuples autochtones, la stratégie référendaire a

Ravages du suprémacisme anglo-saxon « aryen » au Canada après le pacte confédératif de 1867. Cette idéologie associée à l' »Union Jack » (drapeau britannique) abandonné à regret par les « Old Stock Canadians » à la veille du centenaire demeurait le principal obstacle au renouvellement de la constitution du Canada proposé par Daniel Johnson en 1968. Un autre obstacle, qui nous appartient, fut le manque d’une élite politique capable de marcher dans les pas de Johnson.

Essai original de Marc Dunlay, membre de la FCF, sur l’hymne national des Canadiens-Français. Ce texte propose une réflexion multidimensionnelle sur l’œuvre écrite par Basile Routhier en 1880.

Pourquoi, amis souverainistes, ne prenez-vous pas le temps de lire ou de relire la Charte des Nations Unies et ses déclarations sur le droit des peuples minoritaires ? Les Abénakis, les Malécites, toute différence prise en compte, et ce n’est pas mon intention de la nier, ont bien obtenu des droits robustes malgré leur petit nombre. Répondez-moi, les Canadiens-Français ne sont-ils pas admissibles à des droits parallèles ?
En fait, on a retranché du champ de l’analyse politique le passage ontologique qui a frappé les Canadiens-Français. La partie la plus visible et commune à tous les Canadiens-Français à partir de 1969, Québec compris, se mesure par le repli global.

Il faut trouver les moyens de cultiver la résilience collective des Canadiens-Français EN TANT QUE Canadiens-Français. Notre histoire bien comprise nous les donne, de nombreux exemples de gens qui ont combattu « pour la suite du monde » avec les armes à leur disposition à leur époque.

Dès les années 1970 l’économiste américain Lyndon H. LaRouche formulait la base scientifique d’une théorie économique dénonçant le capitalisme financier sauvage axé sur la maximisation de la rente au détriment des acteurs de la production de biens définissant l’économie réelle. Sa proposition de Banque de Développement Internationale aurait bien pu inspirer les BRICs.

Les référendums de 1980 et de 1995 sont fondés sur le même paradigme, la question, l’atmosphère, les résultats et les blocages qui en découlent sont en gros les mêmes, même si une analyse des résultats montre certaines différences. Si on met entre parenthèses les peuples autochtones, la stratégie référendaire a

Ravages du suprémacisme anglo-saxon « aryen » au Canada après le pacte confédératif de 1867. Cette idéologie associée à l' »Union Jack » (drapeau britannique) abandonné à regret par les « Old Stock Canadians » à la veille du centenaire demeurait le principal obstacle au renouvellement de la constitution du Canada proposé par Daniel Johnson en 1968. Un autre obstacle, qui nous appartient, fut le manque d’une élite politique capable de marcher dans les pas de Johnson.

Essai original de Marc Dunlay, membre de la FCF, sur l’hymne national des Canadiens-Français. Ce texte propose une réflexion multidimensionnelle sur l’œuvre écrite par Basile Routhier en 1880.

Nous sommes en train de nous faire *ourrer par les Québécois encartés : l’immobilisme de la CAQ et le référendisme du Parti québécois, tous deux terrorisés par la « communauté aux droits consacrés »

Aujourd’hui, nous affirmons que la promotion d’une identité québécoise, explicitement amputée de notre personnalité canadienne-française historique, nous cause un préjudice au sein d’une population composée de groupes qui jouissent de droits spécifiques en raison de leurs attributions identitaires.

La FCF a déposé un mémoire sur le projet de loi 1 – Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec – présenté par le ministre Simon Jolin-Barette. Vous pouvez lire ce mémoire ici.

Revitaliser notre être collectif Écrire l’histoire en prenant pour fil la continuité historique des Canadiens-Français est une pratique qui s’est perdue. Avec la Révolution tranquille, une brisure s’est produite. Bien sûr, l’histoire écrite avant 1970 sera toujours accessible. Mais au goût d’aujourd’hui, elle ne serait plus que le témoignage d’un

Comment se fait-il que dans le même temps où l’on se battait le mieux pour un avenir enraciné, d’autres aient insisté pour que l’on renonce à l’identité canadienne-française ? C’est une étrange contradiction et, en regard de l’évolution du statut national, elle reste assez opaque encore aujourd’hui. On a bien dit que seule l’identité québécoise avait de l’avenir. Du coup, fallait-il effacer un passé canadien-français révolu ?

Alexandre Cormier-Denis a déposé en septembre un mémoire au Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la Fédération canadienne dont notre contributeur Gilles Verrier a trouvé opportun de livrer ici un synopsis critique. Ce mémoire intitulé Manifeste pour une reconnaissance du Québec comme État-nation du peuple canadiens-français est accessible, comme tous les autres mémoires déposés, sur le site web du Comité.

À la veille du 323e anniversaire, le 4 août prochain, de la signature de ce traité historique, la Fédération des Canadiens-Français estime que cet événement n’est pas commémoré à la hauteur et avec la clarté qu’il mérite. Laissé dans un ombre relatif, sous-évalué ou mal compris, nous avons demandé à trois auteurs de nous éclairer.

Communiqué de la FCF publié le 22 juin 2024 pour les 250 ans de l’Acte de Québec. Distribué à la Journée d’étude sur le même sujet, chapeautée par Droits collectifs Québec.

Le 5 février 1968, il y a 55 ans, Daniel Johnson prenait la parole devant tous les représentants du Canada anglais réunis. Il prononçait sans doute le discours le plus important de sa carrière d’homme d’État, un discours remarquable et percutant. Il plaidait un projet de réforme des institutions qui ne sera jamais repris avec la même hauteur par les premiers ministres du Québec qui suivront. Johnson incarnait alors une doctrine politique élaborée par les Canadiens-Français au cours des décennies précédentes, elle avait atteint le stade de sa maturité. Il parlait à l’occasion d’une conférence constitutionnelle qu’il avait lui-même réclamée.

Aujourd’hui, nous affirmons que la promotion d’une identité québécoise, explicitement amputée de notre personnalité canadienne-française historique, nous cause un préjudice au sein d’une population composée de groupes qui jouissent de droits spécifiques en raison de leurs attributions identitaires.

La FCF a déposé un mémoire sur le projet de loi 1 – Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec – présenté par le ministre Simon Jolin-Barette. Vous pouvez lire ce mémoire ici.

Revitaliser notre être collectif Écrire l’histoire en prenant pour fil la continuité historique des Canadiens-Français est une pratique qui s’est perdue. Avec la Révolution tranquille, une brisure s’est produite. Bien sûr, l’histoire écrite avant 1970 sera toujours accessible. Mais au goût d’aujourd’hui, elle ne serait plus que le témoignage d’un

Comment se fait-il que dans le même temps où l’on se battait le mieux pour un avenir enraciné, d’autres aient insisté pour que l’on renonce à l’identité canadienne-française ? C’est une étrange contradiction et, en regard de l’évolution du statut national, elle reste assez opaque encore aujourd’hui. On a bien dit que seule l’identité québécoise avait de l’avenir. Du coup, fallait-il effacer un passé canadien-français révolu ?

Alexandre Cormier-Denis a déposé en septembre un mémoire au Comité consultatif sur les enjeux constitutionnels du Québec au sein de la Fédération canadienne dont notre contributeur Gilles Verrier a trouvé opportun de livrer ici un synopsis critique. Ce mémoire intitulé Manifeste pour une reconnaissance du Québec comme État-nation du peuple canadiens-français est accessible, comme tous les autres mémoires déposés, sur le site web du Comité.

À la veille du 323e anniversaire, le 4 août prochain, de la signature de ce traité historique, la Fédération des Canadiens-Français estime que cet événement n’est pas commémoré à la hauteur et avec la clarté qu’il mérite. Laissé dans un ombre relatif, sous-évalué ou mal compris, nous avons demandé à trois auteurs de nous éclairer.

Communiqué de la FCF publié le 22 juin 2024 pour les 250 ans de l’Acte de Québec. Distribué à la Journée d’étude sur le même sujet, chapeautée par Droits collectifs Québec.

Le 5 février 1968, il y a 55 ans, Daniel Johnson prenait la parole devant tous les représentants du Canada anglais réunis. Il prononçait sans doute le discours le plus important de sa carrière d’homme d’État, un discours remarquable et percutant. Il plaidait un projet de réforme des institutions qui ne sera jamais repris avec la même hauteur par les premiers ministres du Québec qui suivront. Johnson incarnait alors une doctrine politique élaborée par les Canadiens-Français au cours des décennies précédentes, elle avait atteint le stade de sa maturité. Il parlait à l’occasion d’une conférence constitutionnelle qu’il avait lui-même réclamée.
Si vous êtes canadien-français hors-Québec, faites-nous signe à info@canadiens-francais.com. Nous aimerions vous connaître !
Car le discours indépendantiste avait à ce point insisté, dans la foulée de la Révolution tranquille, sur l’État et ses vertus qu’on en est presque venu à voir dans l’indépendance le triomphe de l’Etat plutôt que la consécration de la nation. C’est pourtant la nation qui aspire à l’indépendance et qui peut se réclamer légitimement du droit à l’autodétermination, non pas l’État-nation.
L’histoire n’est jamais finie. Tout est toujours à refaire et les remparts à relever. Les victoires comme les défaites n’ont qu’un temps. Ce qui persiste et permet de renaître est plus solide que toutes les murailles. C’est quelque chose d’immatériel et de fort, présent dans le coeur de chaque homme et de chaque femme d’une même communauté quand celle-ci a conscience de ce qu’elle a d’unique et d’essentiel. Les Japonais, les Juifs, les Hindous et d’autres peuples possèdent ce trésor qui leur a permis d’affronter les périls de l’histoire sans disparaître.
Nul n’ignore ici que le Canada français est actuellement profondément mécontent de sa place dans la confédération. Il y a à cela des raisons complexes d’inégales importances. J’ai dit et je répète aujourd’hui que la plupart de ces raisons sont parfaitement fondées.
Pour être Québécois, il suffit d’habiter le Québec ! Sans l’indépendance, les Canadiens-Français devront continuer de défendre âprement leur existence. Avec une indépendance trudeauiste, ils devront s’affirmer face à une diversité qui monte et braver la résistance des châteaux-forts anglo-saxons. Les deux perspectives commandent le retour politique des Canadiens-Français. Si vous avez compris qu’une identité de « Québécois francophones », provinciale et linguistique, a coupé le souffle de notre épopée, qu’elle supprime notre légitimité et nos droits historiques, vous avez compris l’essentiel.
Je souhaite montrer, dans l’essai qui va suivre, qu’entre les pensées trudeauiste et « néosouverainiste », les similitudes sont frappantes.
Et c’est au moment où nous nous préparons à résister aux armées d’invasion d’un puissant voisin qu’on nous enlève les libertés dont nous jouissons après les avoir gagnées par un siècle de luttes! Mais il me semble qu’on devrait plutôt nous donner de nouvelles garanties de sécurité pour nous engager à combattre des adversaires aguerris, dix fois plus nombreux, et dont l’organisation politique est moins hostile.
Comme notre constitution n’a rien prévu de tel parce qu’elle était une concession du conquérant aux Canadiens-Français, de la mère patrie aux coloniaux dans le cas des Canadiens anglais, nos États généraux sont indubitablement l’effort le plus systématique, le plus compréhensif, le
plus réussi qui ait jamais été tenté pour constituer une véritable Assemblée nationale du peuple canadien-français en vue d’établir sa constitution.
Lors de la campagne d’Italie à l’automne 1943, le 22e Régiment reçoit l’ordre de prendre la ferme Casa Berardi sur le flanc ouest du ravin d’Ortona. Le 14 décembre 1943, les compagnies C et D soutenues par les chars Sherman de l’Ontario Regiment passent à l’attaque.. Le capitaine Paul Triquet à la tête de la compagnie C avance sous un feu nourri avec ses 50 hommes soutenus par six chars Sherman de l’Ontario Regiment. À 1,500 mètres de la ferme, il a déjà perdu deux chars et vingt hommes. À 14 heures, Triquet et les 14 hommes restants sont à 200 mètres de la ferme. Grâce aux fumigènes lancés par les Shermans, la pognée d’homme atteint les murs de la ferme et en déloge les derniers Allemands à 15h30. Ils résisteront toute la nuit aux contre-attaques allemandes répétées jusqu’à l’arrivée des renforts le lendemain. Pour son leadership lors de cette attaque, Paul Triquet a été décoré de la Victoria Cross des mains du roi Georges VI le 27 mars 1944.
Le choix des membres
Pour informations supplémentaires, voir https://www.casavant.ca/histoire/
| Devant l’absence d’une loi encadrant les caisses populaires, Alphonse Desjardins reste prudent et fonde seulement trois autres caisses à proximité de son lieu de résidence et de travail, c’est-à-dire Lévis et Ottawa. |
| Cette caisse, comme près d’une cinquantaine d’autres fondées à l’époque d’Alphonse Desjardins, a fermé ses portes avant sa mort en 1920. |
| Il s’agit de la première caisse fondée après l’adoption d’une loi encadrant les caisses par l’Assemblée législative du Québec. Il s’agit également de la première caisse en milieu rural. |
| Au total, Alphonse Desjardins participe à la fondation de 136 caisses populaires au Québec, 18 en Ontario et 9 aux États-Unis. |
Nos remerciements à Pierre-Olivier Maheux, historien à la Société Desjardins.
Réf. : Aperçu historique sur les petits séminaires de la P. de Q., Bounadère, René, ptre, 1945
Il découvre et connaît ses racines :
Il chérit et cultive sa langue :
Il pratique le nationalisme économique :