Réhabiliter notre véritable histoire

Nous soutenons que la redécouverte de la période occultée et même noircie de notre histoire est le premier jalon de la réhabilitation de notre véritable identité collective en tant que noyau et sanctuaire de la francophonie nord-américaine. Ce n’est plus simplement la nature à laquelle il faut résister, qu’il faut maîtriser pour survivre, comme nos ancêtres. Leurs vertus doivent être transposées dans le monde moderne au service de la conscience, du discernement, de la vérité.

Nous présentons aujourd’hui à nos lecteurs un remarquable article écrit il y a quelques mois par un penseur influent de la mouvance nationaliste au Québec, M. Jean-Claude Pomerleau, connu pour ses publications sur le site web Vigile.Québec.

M. Pomerleau est un chef de file de la tendance insistant sur la construction de l’État québécois comme instrument privilégié de la survie nationale et de l’émancipation de notre peuple, qu’il hésite toutefois, comme beaucoup d’autres, à désigner, comme nous insistons à le faire, par son nom historique de Canadiens-Français, le « nous » qu’a presque nommé Jacques Parizeau le soir de la défaite référendaire de 1995.

Stimulé par un sentiment d’urgence partagé par l’ensemble des commentateurs nationalistes face à la politique fédérale d’immigration de masse qui dans vingt ans ferait des Canadiens-Français du Québec une minorité sur leur propre sol, M. Pomerleau introduit dans son discours des concepts que nous étions parmi les rares à mettre de l’avant jusqu’à maintenant.

Il identifie d’une part la faiblesse que s’est avérée être l’anglophilie de nos leaders historiques les plus importants et l’influence sur eux du délétère libéralisme anglo-saxon les portant à croire naïvement au « fair-play » de l’ennemi héréditaire, naïveté amplement démontrée chez René Lévesque.

D’autre part, il souligne – enfin – à raison le rôle de l’Église dans ce qu’il appelle en majuscules la politique profonde qui se manifesta par une stratégie délibérée d’occupation du territoire. Cette stratégie est la plus manifeste que le corps ecclésiastique ait mise en œuvre entre 1840 et 1960, mais pas la seule, soutenons-nous. La plus évidente des autres serait la mise en œuvre de la construction délibérée d’une élite nationale, une autre condition essentielle de l’existence, premièrement, d’une communauté humaine nationale, mais aussi de son développement et de sa prospérité en tant que nation. Cette stratégie s’est déployée dans la dissémination progressive à mesure du peuplement des collèges classiques qui ont produit des générations de plus en plus nombreuses de juristes, médecins, journalistes, entrepreneurs, commerçants, inventeurs, scientifiques et ingénieurs.

Ainsi, selon nous, la Révolution tranquille a comporté deux volets, l’un économique, l’autre culturel. Le premier se serait produit de toute façon dans le contexte de la poussée démographique d’après-guerre, de la prospérité nord-américaine découlant de cette guerre et de la guerre froide naissante qui maintenait la place de tout le Canada – de ses matières première surtout – dans la chaîne logistique de la machine militaire anglo-saxonne. Notre développement économique accéléré durant l’après-guerre correspondait aux « trente glorieuses » identifiées par nos cousins français et il dépendait des mêmes facteurs globaux. Bien sûr, nous avons toutes raisons d’être fiers de nos réalisations depuis, elles sont autant de manifestations d’une société habilitée, en contrôle de ses moyens. Mais nos capacités ne sont certainement pas nées grâce aux efforts des derniers venus marxistes. C’est l’évidence. Il se sont simplement mêlé de renommer les choses, de changer la sémantique pour produire l’explication du monde qui leur convenait dans leurs desseins.

Dans sa frénésie de nous faire croire que la Révolution tranquille nous sauvait d’une obscurité moyenâgeuse pour camper sa version de la technique d’ingénierie sociale habituelle de la tabula rasa, la génération locale des marxistes d’après-guerre – un autre phénomène social semé chez nous depuis le terme de la première guerre mondiale et dont le clergé avait pu, pas de façon toujours très subtile, ralentir la progression – a voulu créer sa version de l’homme nouveau, homo quebequensis, mouvance identitaire devenue hégémonique ici et que nous désignons de façon succincte de québécitude, cette tendance même qui a par exemple voulu faire d’une insipide balade romantique un hymne national.

Pour des raisons relevant du drame de notre histoire, nous avons été particulièrement vulnérables au changement culturel qu’on nous proposait, qui fut imposé avec succès aux populations de tout l’Occident. Le faux affranchissement des Canadiens-Français vers la québécitude n’était au final que la version locale de la contre-culture, marijuana, pilule contraceptive, féminisme et tout le tintouin, première étape de la dissolution de notre identité nationale, et aussi de celles des autres moins perméables que la nôtre, condition préalable facilitant ce qui a mené à l’hégémonie de la rectitude politique il y a vingt ans et finalement au spectacle désolant d’aujourd’hui.

Nous soutenons que la redécouverte de la période occultée et même noircie de notre histoire est le premier jalon de la réhabilitation de notre véritable identité collective en tant que noyau et sanctuaire de la francophonie nord-américaine. Ce n’est plus simplement la nature à laquelle il faut résister, qu’il faut maîtriser pour survivre, comme nos ancêtres. Leurs vertus doivent être transposées dans le monde moderne au service de la conscience, du discernement, de la vérité. Nous avons devant nous, pour les générations futures, l’ultime défi qu’un peuple puisse relever. Serons-nous à la hauteur de l’interrogation sur notre compte de l’historien britannique Toynbee? Pour agir efficacement, il faudra identifier la réalité du monde. Et comme il n’y a en définitive rien de plus difficile, il nous faudra, pour citer le sympathique rouquin d’une certaine équipe de hockey amateur, la « force du mental »… M. Pomerleau vient de mettre l’épaule à cette roue et nous lui en sommes reconnaissants.

L’article de Jean-Claude Pomerleau sur le site de Vigile.Québec

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